Le choix de la marque (3/3) : les défis Internet

Troisième et dernier épisode de la série, ou comment ruiner des heures de travail par une simple recherche dans la base Whois… Si vous avez suivi les conseils de Guillaume, vous avez effectivement dû vous creuser la tête pour y faire jaillir LE nom parfait, LA marque adaptée à vos services. Après une rapide consultation sur les sites adéquats, vous vous êtes rendu compte qu’elle était encore libre, qu’elle vous tendait même les bras ! Et puis c’est le drame : au moment de se pencher sur l’acquisition des noms de domaines, vous vous apercevez que le .com est déjà acheté pour 10 ans. Le doux rêve s’estompe, et la perspective d’en avoir fini avec la marque s’éloigne à grands pas…

Est-il vraiment si risqué de lancer l’exploitation d’une marque sans être propriétaire des principaux noms de domaines associés ? Oui, sans aucun doute ! A l’heure où l’Internet occupe une place prépondérante dans les stratégies de communication, cela reviendrait à travailler bénévolement pour d’autres. En effet, si vous lancez la marque TruC, associée au nom de domaine TruC.fr, tous vos efforts de communication, de positionnement et de référencement vont forcément profiter à TruC.com dont le site sera sans doute aussi visité que le vôtre.

Que faire si vous tenez absolument à garder votre nom ? Racheter le nom de domaine, bien sûr. Mais ce n’est pas si simple et peut vous coûter beaucoup d’argent. L’achat et la revente de noms de domaines sur Internet sont devenus au fil des ans un véritable business : des sociétés sont spécialisées dans cette pratique en proposant une mise en relation entre acquéreur et vendeur. On déchante rapidement lorsque l’on voit les prix pratiqués : il vous faudra débourser 1000 dollars au bas mot pour récupérer les droits sur un nom de domaine. Pas de limite supérieure, tout dépend des intérêts en jeu : le nom de domaine sex.com s’est par exemple vendu 14 millions de dollars en février dernier, devenant ainsi le nom de domaine le plus cher de l’histoire, après business.com. Quand on sait que le mot « sex » est le plus tapé au monde dans les moteurs de recherche, on comprend mieux les enjeux qui ont poussé le nouveau propriétaire à débourser une telle somme…

La libéralisation de l’achat des noms de domaine est directement responsable des dérives que l’on peut observer aujourd’hui. Certains Registrars (organisme permettant d’enregistrer un nom de domaine) profitent du système pour monétiser les noms de domaines réservés. Le principe est simple : un Registrar dispose de 5 jours pendant lesquels il peut réserver un nom de domaine et le libérer à nouveau, sans rien payer. Il suffit alors d’y installer un outil de génération de revenus publicitaires, et le tour est joué ! Le trafic provient simplement de recherches, d’anciens bookmarks ou de vieilles pages Internet référencées. Les noms drainant le plus d’internautes sont gardés, les autres sont libérés au bout des 5 jours. Cette pratique, appelée le « Domain Tasting », génère entre 400 et 600 millions de dollars de recettes publicitaires pour les méchants Registrars, et beaucoup de galère pour les autres…

Il est donc de plus en plus compliqué d’acheter aujourd’hui d’un seul coup les principales extensions d’un nom de domaine. Certains sites à forte audience paient aujourd’hui leur imprudence : france2.com, pagesjaunes.com ou netvibes.fr doivent se frotter les mains ! D’autant plus que la jurisprudence est en faveur des noms de domaines par rapport à la propriété d’une marque. Une seule condition néanmoins : un nom de domaine ne peut constituer une antériorité opposable au dépôt d’une marque que s’il a fait l’objet d’une exploitation effective (Source : Legalis.net). Quelles extensions doit-on alors privilégier ? Les génériques en premier lieu : .com, .net, .eu ou .org, puis les extensions nationales qui vous concernent, comme le .fr. Pensez également à certaines extensions en rapport avec votre activité : suite à un accord entre la petite île de Tuvalu (Océan Pacifique, 10 000 habitants) et Verisign, vous pouvez à présent acheter votre nom de domaine en .tv, ce qui est très intéressant quand vous vous appelez TF1, par exemple.

Dernier conseil : n’hésitez pas à réserver des noms de domaines « voisins » pour anticiper les éventuelles fautes de frappe des internautes. C’est ce qu’a prudemment fait Google avec les noms de domaine gogle.com et gooogle.com !

Vous l’avez compris, si la recherche d’une marque est peut-être un vrai casse-tête, son acquisition l’est également. Mais il vaut mieux prendre le temps nécessaire au moment de la création d’une entreprise, car les coûts liés à un changement de marque n’ont plus rien à voir lorsque le business est fortement établi : LCL (Le Crédit Lyonnais) et Orange (Wanadoo) le savent très bien…

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11 réactions sur “Le choix de la marque (3/3) : les défis Internet”

  1. Jean-Marie Le Ray dit :

    Bonjour,

    Si vous ou vos lecteurs désirent approfondir le “domain tasting”,
    c’est par ici !
    Cordialement,
    Jean-Marie Le Ray

  2. Jérôme dit :

    Merci Jean-Marie : votre article apporte effectivement une vision plus précise du phénomène pour ceux qui s’y intéressent.

  3. Jean-Marie Le Ray dit :

    Merci, en fait ce n’est pas un article, mais un groupe d’articles, qui témoignent d’un phénomène en constante évolution.
    JML

  4. Guillaume T dit :

    En ce qui me concerne, comme mon entreprise va être basée sur un site internet, j’ai commencé par la recherche d’un nom de domaine en .com et après j’ai regardé si la marque était dispo.
    J’ai choisi aladom comme nom.
    J’ai mis du temps à le trouver car je voulais un nom de 6 lettres maxi commençant par un a (pour être en haut des listes alphabétiques).
    Mon offre concerne les services à domicile, donc le dom est bienvenu… il faut prononcer daume.
    Une fois le nom trouvé, j’ai cherché un slogan et la j’ai joué sur la similarité avec aladin : aladom, le génie du service à domicile.

  5. Jean-Marie Le Ray dit :

    @ Guillaume,

    Un choix vraiment cohérent et bien trouvé ! « aladom, le génie du service à domicile », c’est … génial :-)
    J-M

  6. Obanne dit :

    C’est un peu comme procv.com 5 lettres qui expliquent bien le principe. Un nom de domaine qui attire au minimum 20 requettes de Whois par semaine. Le seul problème: c’est un nom plutôt réservé à un public francophone.

  7. Jay dit :

    Je vois un deuxième problème : pro-cv.com est un site complètement différent, et il doit exister une certaine déperdition d’un site par rapport à l’autre.

  8. obanne dit :

    pas forcément car un visiteur cherchera le mot sans “-” et si il note que pro-cv est un site opposé à ce qu’il cherche il choisira une orthographe plus simple.

    ça marche pas mal sachant que procv.com n’est même pas dans l’index google (du moins, pas encore).

  9. Clément dit :

    Personnelement, j’ai fait comme guillaume, j’ai commencé à vérifier le domaine puis ensuite la marque. J’ai donc réservé le .com et le .net, pour le .com j’en ai réservé un autre avec une faute de frappe. En ravanche je n’ai réservé aucun domaine régionnal, pour 2 raisons:
    - Trop cher, je n’ai pas le budget car le site est en plusieurs langues.
    - L’architecture du site basé comme ça: www.fr.monsite.com, www.es.monsite.com
    Et surtout, savez-vous comment l’on fait pour réserver des ndd étrangers? ex: .us, .co.uk, .it… Par ce qu’avant de vouloir le faire il faudrait déjà que je sache comment faire, je ne sait pas si c’est possible si l’on est pas résident du pays en question…

  10. Le Blog d’Inoveum.com » Blog Archive » PCNames, le service qui vous fait gagner des heures… dit :

    […] En me baladant sur Brainsfeed, j’ai pu apercevoir une application bien pratique, qui aurait pu nous faire gagner un temps fou lors de la recherche de notre marque : PCNAmes. Comme nous vous l’expliquions dans un article précédent sur le choix de la marque, vous allez devoir consacrer beaucoup de temps à trouver le nom de domaine approprié. Il est en effet particulièrement fastidieux de faire des recherches à la main, sur des variantes où parfois seul un caractère change. PCNames vous permet de faire tout ça d’un seul coup, grâce à un petit moteur Ajax bien utile. Dommage seulement que les sites proposés ensuite pour acheter votre nom de domaine ne soient qu’américains. Tags associés : accessibilité, Actualités Internet, Ajax, nom de domaine, nom de marque, trouver un nom web 2.0 […]

  11. compositeurs dit :

    organisme permettant d’enregistrer un nom de domaine, je n’ai pas tourt à fait saisi ce point précis. à part cela, bbillet très intéressant, comme souvent !merci et continue !

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