Augmentation de capital : le principe
Dans quelques jours, notre première augmentation de capital sera effective.
Cet afflux de liquidités nous permettra de financer le développement de la plate-forme, notamment les applications B2B.
Cependant, cette augmentation de capital n’a pas été toujours évidente à gérer. Ce fut long, difficile et assez stressant.
Quelques conseils pour réussir la vôtre, en une série de 5 billets.
Augmenter son capital est une décision assez délicate à prendre. Il s’agit ni plus ni moins qu’un trade-off (arbitrage) entre pouvoir et cash. Pour faire simple, il va s’agir pour vous de récupérer le plus de fonds en perdant le moins d’influence au sein de la société que vous avez créée. Vous devrez également rester raisonnable sur la valorisation de votre entreprise afin d’établir une véritable relation de confiance avec votre investisseur. Une équation à plusieurs variables donc, pas toujours facile à résoudre…
Qu’est-ce qu’une augmentation de capital ? Il s’agit de l’émission d’un certain nombre de nouvelles actions, et de leur vente à des acheteurs à un prix reflètant la juste valeur de votre entreprise.
Quelques concepts importants à connaître :
1. Tout d’abord, la différence entre nominal, prime d’émission et prix d’achat. Le nominal est le cours (ou prix) auquel est fixé une action d’une entreprise au moment de sa création. En multipliant le nominal par le nombre d’actions en circulation, on obtient donc le capital. Ex : Une S.A. X est créée avec 40 000 actions à 1€, et son capital est donc de 40 000€.
La prime d’émission est la différence entre le prix de l’action et le nominal au moment de l’augmentation de capital. Ainsi, si la S.A. X émet 10 000 nouvelles actions à 10 € (le prix d’achat), la prime d’émission est de 9€ par action. Le capital devient alors 40 000 * 1€ + 10 000 * 1€ = 50 000 €. Et non 140 000 €. L’opération vient augmenter votre trésorerie de 10 000 * 10 € = 100 000 €.
2. La dilution. Chaque action émise vous fait perdre un peu plus de contrôle par un simple effet mécanique. Le nombre d’actions en circulation augmentant, et le vôtre restant stable, votre part dans la société diminue. Mais inversement, la valeur de votre participation augmente.
Reprenons l’exemple précédent et imaginons que vous détenez 50% de votre entreprise. Au départ, vous possédez donc 20 000 actions, d’une valeur totale de 20 000 €. Après l’augmentation de capital, vous détenez toujours 20 000 actions, qui valent désormais 200 000 € (20 000 * 10€), mais vous ne possédez plus que 40% de votre entreprise. Un arbitrage est donc nécessaire. Et rappelez-vous : même si la valeur de votre participation augmente, elle ne vaut rien si personne ne souhaite la racheter.
N’hésitez pas à poser vos questions ou à me faire part de vos remarques. Cela me sera très utile pour mes interventions futures dans des cours d’entrepreneuriat.
Prochain billet de la série : les différentes étapes d’une augmentation de capital


30 novembre 2006 at 12:45
Merci pour ces premières explications,
Une question un peu moins technique financière consernant votre augmentation de capital : comment vérifier les intentions des acteurs qui vont rentrer dans votre capital? Comment vérifier que vous allez garder le contrôle de votre société?
Je travaille actuellement sur un blog décryptant les stratégies des fonds d’investissement et votre retour d’expérience m’intéresse.
Simon pour hedgefundswatch.blospot.com
30 novembre 2006 at 19:58
Il est assez simple de vérifier que nous allons garder le contrôle de notre société grâce à la table de capitalisation (cf l’article suivant). En tout cas, lorque l’entreprise vient d’être créée, ces considérations n’entrent pas en ligne de compte. Il s’agit d’une véritable de relation de confiance. Pas de LBO donc…
L’avantage par ailleurs est que, dans une augmentation de capital, vous savez pertinemment avec qui vous traitez. Alors que dans une IPO par exemple, la situation est différente, et vous pouvez effectivement avoir les préoccupations de conservation de contrôle.