Entreprendre à plusieurs : faites les bons choix !

Publié le 13 novembre 2007 par Jérôme Calot | Soyez le premier à réagir sur cet article !

Guillaume et moi avons été conviés au Salon des Micro-Entreprises le 10 octobre dernier. Nous avons été invités à partager notre expérience de jeunes entrepreneurs au cours d’une conférence intitulée : “Entreprendre à plusieurs : faites les bons choix !”.

Au début de l’aventure Inoveum, nous avions déjà eu l’occasion d’aborder cette question importante, que toute personne ayant envie de se lancer dans la création ou la reprise d’entreprise doit se poser. Symbole de la réussite en équipe pour certains, signe de la débâcle pour d’autres, ce n’est jamais un élément à prendre à la légère. Nous avons eu l’occasion d’en discuter avec d’autres entrepreneurs, un journaliste et un coach en management. Chacun portait un regard différent sur l’association et l’échange fut très riche.

S’associer, c’est un peu se marier. Il est d’ailleurs très fréquent qu’un entrepreneur voie plus son associé que sa propre femme ! Il faut donc prendre le temps de la décision, se protéger pour mieux réussir, dialoguer et être à l’écoute.

Pourquoi s’associer ?

Favoriser la réussite d’un projet par la complémentarité des compétences, étendre son réseau, partager les risques, démultiplier la puissance de travail, s’appuyer sur un partenaire en cas de coup dur… Tout dépend d’abord du profil des entrepreneurs : avez-vous déjà travaillé ensemble ? Vos modes de travail sont-ils compatibles ? Acceptez-vous de voir vos idées remises en question ? Soyez sûr que l’association est dans vos gènes !

Comment s’associer ?

Est-il incongru ou déplacé de parler de divorce à sa future épouse ? N’est-ce pas également une façon d’envisager le pire pour mieux le surmonter ? Toutes les questions épineuses valent la peine d’être posées au départ : comment se partage-t-on les parts ? Quelle implication de chaque associé dans le projet ? Que fait-on en cas de conflit ? Quelles sont nos ambitions premières ? Quel sommet du triangle magique “Argent - Expérience - Ego” préfère-t-on ? Selon la structure juridique de l’entreprise, il vous faudra peut-être mettre sur papier de nombreux cas de figure pour ne pas se retrouver piégé le moment venu. C’est notamment le cas des S.A.S, où le pacte d’actionnaire fait foi.

Avec qui s’associer ?

N’est-il pas plus risqué de s’associer avec un ami, un membre de sa famille ou son conjoint ? Sans doute minimise-t-on les risques de conflit lorsqu’on connaît bien l’autre ; sans doute est-il plus facile de se parler et d’accepter l’autre quand on peut également pardonner. Reste la question du partage des risques : faut-il “mettre tous ses oeufs dans le même panier” lorsqu’on est entrepreneur ? N’est-il pas plus sain, par exemple, de pouvoir s’assurer le revenu sécurisé d’un conjoint pour faire vivre le foyer ? N’est-il pas moins risqué d’emprunter de l’argent au banquier plutôt qu’à ses propres parents ?

S’associer à combien ?

Un prof de probabilités vous dirait sans doute qu’en augmentant le nombre de participants, vous augmentez également le risque associé au projet global. C’est sans doute vrai, d’autant qu’en cas de conflit, on peut voir apparaître des clans opposés qui rendent encore plus difficile les tentatives de réconciliation. Deux est un bon chiffre pour les raisons évoquées plus haut. Une tierce personne peut parfois jouer le rôle d’arbitre et éviter le sur-place dans l’entreprise.

A quelles conditions s’associer ?

Transparence obligatoire : une participation uniquement financière mérite-elle 50% des parts ? Peut-on envisager des clauses relutives à partir d’un certain stade de développement de l’entreprise ? Y a-t-il un nombre minimum d’actionnaires pour la structure juridique choisie (7 pour une Société Anonyme, par exemple) ? Les associés sont-ils tous à temps plein sur le projet dès le départ : faut-il d’abord poser une démission ou terminer des études ? Soyez honnêtes et créatifs !

Rassurez-vous, les meilleures associations sont peut-être les plus spontanées et les plus intuitives. Je dois dire pour ma part que la présence d’un associé est très importante au quotidien ; partager à deux les bons et les mauvais moments, c’est un exhausteur de goût qui donne de la saveur à la création d’entreprise !

Entreprendre à plusieurs : faites les bons choix !

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Entrepreneuriat : la création non-destructrice

Publié le 5 juin 2007 par Guillaume Limare | Soyez le premier à réagir sur cet article !

Aujourd’hui, la théorie économique considère la contribution de l’entrepreneur à la société comme une sorte de douleur inévitable. En s’attaquant à d’anciens business-models, en introduisant de nouvelles technologies sur le marché, le créateur d’entreprise détruit à court-terme de la valeur, pour créer de la croissance économique sur le long-terme. Ce concept, mis en lumière par Joseph Schumpeter en 1942, décrit ainsi le capitalisme comme un “ouragan perpétuel”, où l’entrepreneur génère une croissance instable et imprévisible.

Cette vision du rôle de l’entrepreneur pourrait néanmoins changer dans les mois à venir. Edmund Phelps, Prix Nobel d’Economie en 2006, assure que Schumpeter s’est trompé : l’entrepreneuriat peut générer de la croissance stable. Selon lui, l’innovation ne conduit pas à la destruction créatrice, mais plutôt à la création non-destructrice.

Alors, simple inversion de mots, ou réelle avancée dans la théorie économique ?

Phelps, comme Hayek, voit les entrepreneurs comme des chercheurs et des “expérimenteurs” qui “luttent constamment pour étendre leur connaissance dans certains domaines où le savoir est rare ou inexistant, avec l’objectif de développer quelque chose de commercialisable que personne n’a jamais conçu auparavant.” (traduction by myself, donc soyez indulgents… ;-) )

De manière générale, Phelps ne voit pas l’entrepreneur comme un agent néo-classique, qui évalue toutes les informations pour prendre une décision rationnelle. Il le considère comme un agent qui doit prendre des décisions dans un monde évoluant rapidement. Ces entrepreneurs “jouent un rôle humain dans une vaste gamme d’activités, impliquant le management, le jugement, l’insight, l’intuition et la créativité.”

Le créateur d’entreprise prend des risques, avec son seul jugement comme protection contre l’échec. Et bien que certain échouent en tant qu’individu, ensemble les entrepreneurs réduisent le risque économique pour la société.

Si cette croissance stable est possible, c’est également grâce à un environnement favorable : institutions financières et droit de propriété ont permis aux entrepreneurs de mettre en oeuvre leurs idées. Le manager, le consommateur, le financier font également partie du puzzle.

Phelps est encore au début de ses raisonnements sur cette croissance non-destructrice, et ces implications pour les politiques économiques en général. Je vous ferai part très bientôt de sa vision de la vie réussie. Une motivation supplémentaire pour les entrepreneurs… ;-)

Et Glenn Hubbard, ancien chairman du Council of Economic Advisers sous George W. Bush, a tiré de cette nouvelle approche de l’entrepreneuriat quelques conseils pour les business schools. J’essaierai également de vous en faire part.

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